L’Assassin Royal – Robin Hobb ( suite et fin )

Note : ❤❤❤🖤🖤

Livre papier

  • tome 1 : 1033 pages
  • tome 2 : 1320 pages

 

Résumé : dans cette deuxième époque, quinze ans après la guerre qui opposait les côtes des Six-Duchés aux Pirates Rouges, on retrouve l’Assassin Royal et Œil-de-Nuit, aux abords de Forge, dans une petite chaumière et vivant comme un reclus avec son fils adoptif, Heur. Astérie la ménestrelle, lui rend régulièrement visite et lui ramène les histoires qui se passent à la cour. Elle lui avait également amené Heur quand il était tout petit et maintenant, il est devenu un adolescent prêt à voler de ses propres ailes.

Bientôt, la disparition du prince héritier le ramène à CastelCerf, où il aura besoin de son Lignage plus que jamais pour le retrouver. Il en profite pour laisser Heur à un maître artisan pour qu’il apprenne la menuiserie.

Commence alors ici un périple qui l’entraînera jusqu’aux confins des Outre mers où son talent de Catalyseur sera mis à rude épreuve. Sa rencontre avec un simple d’esprit mais à l’Art surpuissant va remettre en question toutes ses connaissances sur cette magie et développer sa compréhension à un niveau supérieur.

L’heure de la confrontation finale a sonné, que ce soit contre ses ennemis ou avec ceux qu’il aime, tous les secrets vont enfin éclater.

 

Avis :

La deuxième époque tome 1 regroupe 3 tomes : Le Prophète Blanc, La secte maudite, Les secrets de CastelCerf

La deuxième époque tome 2 regroupe 4 tomes : Serments et deuils, Le Dragon des Glaces, L’Homme noir, Adieux et Retrouvailles

 

Cette deuxième époque est clairement plus mouvementée que la première. Et en même temps, s’il n’y avait pas eu la première époque, il aurait été difficile de suivre l’enchaînement des événements.

L’aventure recommence et on est entraîné à nouveau dans une quête à la recherche d’un dragon. 🐉

Encore une fois, Fitz se pose des questions, souffre autant physiquement que moralement et on a presqu’envie de le plaindre. Parfois, j’avais l’impression qu’il réfléchissait un peu trop à ses relations sentimentales pour un Assassin. Sans parler de la crise d’adolescence d’Heur qui le plonge parfois dans un abysse (non je n’exagère pas) de confusion, de sentiments de culpabilité complétement en décalage avec l’histoire principale.

Sans surprise, un personnage important va disparaître, ce qui rend le premier tome assez triste. 😢

La description des paysages est toujours aussi magique, la neige, la ville engloutie de l’île d’Aslevjal, ces piliers d’Art qui permettent le passage rapide d’un lieu à un autre, les chevaux, les armes, le matériel utilisé et la cuisine. Autant d’éléments qui enrichissent cet univers et en font un véritable roman de fantasy.

La Fantasy c’est aussi se permettre de créer un régime matriarcale à la limite de celui des amazones mythiques et qui chamboulent un peu notre perception de la sororité. Encore qu’il me semble que c’est un thème assez récurrent dans la Fantasy. Ici, de l’autre coté des Six Duchés, les femmes sont au pouvoir et il n’y a pas de guerres, pas de famines, tout va bien. Un monde merveilleux qui n’existera jamais que dans la Fantasy.  

Les personnages, qui étaient en place, évoluent de façon drastique, comme la ménestrelle, son fils adoptif, son mentor Umbre, la Reine, le Fou etc… Puis de nouveaux personnages apparaissent, qui apportent à l’histoire son lot de joie et de colère : sa fille Ortie, Civil, Trame, Jinna etc… Je ne pensais pas que la sorcière des haies, par exemple, puisse le rejeter à cause de son vif, alors qu’elle-même utilise la magie.

La caricature de Lourd m’a agacé et j’ai trouvé qu’il portait bien son nom. Et le fait qu’on ne sache rien de lui, son origine, pourquoi son Art est aussi puissant, m’a laissé un peu sur ma faim. Sa réaction devant la ville engloutie aurait pu amener des réponses aux nombreuses questions que je me posais sur lui, mais l’auteure n’a pas cru bon de développer dans ce sens. Dommage.

Sans spoiler la fin, la manière dont le Fitz retrouve sa Molly me laisse un peu mal à l’aise. J’en ai été très déçue, je l’avoue.

Moi, je les aurais bien vu se redécouvrir amis, comme un couple divorcé qui se souvient autant des bons moments que des pires et préfère en rester là à cause de ces pires moments justement. Je l’aurais mieux vu en tant que mentor de sa propre fille et, au lieu de se lier à nouveau à son premier amour perdu, il aurait pu compenser avec ce lien-ci.

C’est un très gros point négatif pour moi et ça montre que l’auteure cherchait une fin de conte de fées plus qu’une fin mature et réaliste. J’ai trouvé que c’était trop facile et limite bâclé.

Pour conclure, cette saga a été, pour moi, une grande découverte. Je n’avais pas tenu 10 pages du Seigneur des Anneaux, autant dire que là je suis bluffée par la capacité de l’auteure à m’intéresser autant aux aventures du Fitz. Malgré quelques longueurs, quelques traductions qui m’ont laissé dubitatives et, on ne va pas se mentir, quelques problèmes typo, j’ai trouvé cette histoire sympathique et agréable à lire.

Je comprends l’engouement et la fan-attitude qui entoure cette œuvre.

Je referme ce dernier tome avec un sentiment partagé mais je ne regrette pas d’avoir lu cette saga.

Je vais avoir du mal à retrouver des personnages aussi attachants et, (est-ce la peine que je le dise ?) mon 💗 de fujoshi, je ne le cache pas, aurait aimé un petit écart avec le Fou.

 

Citation

 

Je ne comprends pas. Tu es malade ?

Non. Idiot, c’est tout.

Ah ! Rien de nouveau, alors. Tu n’en es pas mort jusqu’ici.

Mais il s’en est fallu de bien peu parfois.

 

 

Par les tétons d’Eda !

 

« As-tu déjà eu l’impression de sentir le temps s’écouler en te laissant en arrière ? Comme si le fleuve de la vie poursuivait sa course pendant que tu restes coincé dans un bras mort a milieu des poissons crevés et des vieux troncs moisis ? »

 

Je te laisse le rôle du poisson crevé ; moi je ferai le vieux tronc moisi.

 

Quinze ans ! Eda merci, plus jamais je n’aurais cet âge !

Avez-vous aimé ce livre ?
Back to Top